« Orchidée sauvage » Ophrys miroir (ophrys ciliata)

 L’orchidée Ophrys miroir (ophrys ciliata), une des plus belles Orchidées sauvages de France!

Quel beau nom que celui d’Ophrys miroir! Ce qualificatif de miroir est bien sûr dû au labelle étalé qui présente au centre un grand « miroir » bleu luisant entouré d’une bordure jaunâtre bordée de poils d’un brun rougeâtre (d’où ophrys ciliata, du latin ciliatus : qui a de beaux sourcils).

Un mimétisme presque parfait !

Afin d’assurer le transport de leur pollen, de nombreuses orchidées européennes ont établi une relation privilégiée avec des insectes. Ces derniers vont réaliser la pollinisation de ces plantes (plante dite entomogame). Mais avant d’assurer ce transport encore faut-il attirer l’insecte. Ceci se fait, chez les orchidées européennes, selon trois stratégies : le piège à odeur, la production de source alimentaire et le mimétisme.
Le mimétisme concerne des espèces qui ne produisent pas de nectar, les orchidées du genre ophrys présentent un mimétisme très particulier.

Des parfums imitant les phéromones femelles d’insectes :

Le labelle (pétale central) des orchidées du genre ophrys imite plus ou moins la forme, la pilosité et les couleurs de femelles d’insectes. Cette ressemblance attire leurs partenaires mâles et en fait des pollinisateurs. Ces fleurs jouent même le rôle de « leurre sexuel » puisqu’elles imitent aussi les phéromones sexuelles des femelles de pollinisateur. Elles reproduisent  les substances chimiques volatiles que ces insectes émettent pour communiquer entre eux. Ces orchidées du genre ophrys ne présentent ni éperon, ni nectar et n’offrent, par conséquent, aucune récompense alimentaire à leurs visiteurs éventuels. Du coup, elles se sont presque fait une spécialité de pièges à mâles d’insectes. Dans le cas de notre ophrys, il s’agit d’un hyménoptère, Dasyscolia ciliata, dont la ressemblance avec la fleur est frappante. Les mâles de Dasyscolia repèrent la présence des ophrys miroir à distance, se posent sur le labelle qu’ils couvrent de toute leur longueur. Leur  tête bute sur les pollinies qui contiennent le pollen, et ils enfoncent leurs abdomens dans la frange ciliée du labelle avec des mouvements convulsifs (pseudo-copulation).

Une fois ses « affaires » faites, il part avec du pollen sur la tête. Il ira plus tard polliniser une autre fleur d’ophrys qui l’aura à nouveau piégé à distance.
L’insecte est victime de sa libido, excité à la fois par les phéromones et la ressemblance de ce labelle à la femelle Dasyscolia qui, quand elle a les ailes repliées dans le dos, émet un reflet bleu !

Si l’on combine l’odorat, la vue et le toucher, le leurre est d’une ressemblance incroyable!