Plantes sauvages comestibles du bord de mer

Plantes sauvages comestibles du bord de mer.

Je vous propose de me suivre sur le bord de mer méditerranéen afin de découvrir les plantes sauvages comestibles que l’on peut cueillir sur le bord de mer (plages), les champs plus humides ainsi que les sansouïres (terme méditerranéen qui désigne un milieu limoneux, à végétation basse situé près du bord de mer, inondé par les eaux salées). Ces milieux sont riches en plantes sauvages comestibles connues depuis la nuit des temps mais qu’il faut être capable d’identifier pour éviter toute erreur et risque d’intoxication.

Bord de mer: les plages

Le plantain corne-de-cerf (Plantago coronopus) se remarquera facilement à son port étalé au sol et ses feuilles découpées (comme les cornes de cerfs), charnues et croquantes que l’on consommera jeunes en salades. Il pousse dans les près salés et même directement dans le sable des plages. Plus élevé et très fréquent sur la côte méditerranéenne, l’arroche maritime ( Atriplex halimus), appelé aussi pourpier de mer, est un arbrisseau remarquable par son feuillage argenté. Ses jeunes pousses et feuilles sont délicieuses cuites et peuvent être rajoutées crues en petite quantité dans les salades composées. Une autre plante facilement envahissante, le chénopode blanc (Chenopodium album), se récoltera en grande quantité si on le souhaite afin de bénéficier de la richesse des nutriments qu’elle contient. En effet, cette « mauvaise herbe » possède , crue ou cuite, une saveur délicate et contient une teneur élevée en protéines ainsi que vitamine A, C et calcium. On ne le sait pas mais la figue des Hottentots (Carpobrotus edulis), originaire d’Afrique du sud et devenue indésirable car envahissante , a des feuilles charnues mangeables après cuisson. une bonne façon de la combattre et de l’éliminer!

Deux plantes autrefois consommées, le Cakilier (Cakile maritima) et le souci des champs ou calendula (Calendula arvensis), ne sont pratiquement plus cueillis. Le premier parce que souvent devenu trop rare et le second parce que seules ses fleurs servent encore à colorer les salades.

Si le Romarin (Rosmarinus officinalis) survit face aux embruns, ce n’est pas le cas de la criste marine (Crithmum maritimum), appelé aussi fenouil marin ou perce-pierre, bien adaptée à cette situation et qui pousse admirablement sur les rochers du littoral. Ses feuilles charnues renferment un jus à la fois salé, piquant et sucré et toute la plante dégage une odeur aromatique des plus agréables. Les feuilles ajoutées crues aux salades sont excellentes, mais aussi cuites comme légume ou bien confites dans du vinaigre pour en faire un condiment. Dans certains départements, la cueillette sauvage de la criste-marine est réglementée par arrêté préfectoral. Renseignez-vous en mairie. Et quand on parle de condiment, on peut avoir la chance comme moi de tomber sur le roi des condiments, le câprier (Capparis spinosa), d’une incroyable beauté quand il est en pleine floraison. Ses boutons floraux, conservés au vinaigre, forment les câpres du commerce. Savez vous qu’on prépare avec ces câpres des sauces dont l’une est très célèbre, la tapenade, une purée d’olive qui doit son nom au câprier, le « tapenier » en provençal.

Enfin, et pour parfaire une salade sauvage, quelques feuilles de fausse roquette ou roquette blanche (Diplotaxis erucoides) relevées par l’amertume des feuilles de l’urosperme de Daléchamp (Urospermum dalechampi) marqueront la mémoire des hôtes à qui vous offrirez à déguster cette explosion de saveurs.

Champs plus frais à l’arrière des côtes:

Les champs en retrait des plages ont l’avantage de fournir parfois des plantes en grande quantité. C’est le cas du brocoli sauvage ou pain blanc (Cardaria draba) qui peut se consommer quand il est jeune comme les brocolis, cuit à la vapeur ou de différentes manières, sa saveur est très agréable. Deux autres plantes, consommées par l’homme depuis des siècles, abondent parfois et devront être ramassées à l’état jeune: le Maceron (Smyrnium olusatrum) et la Mauve (Malva sylvestris). Chez le maceron, j’oserais dire que tout est bon tant qu’il est jeune: jeunes pousses, pétioles, feuilles et jeunes inflorescences qui ont une saveur aromatique et sucrée. On le consommera  cru ou cuit selon les gouts. De même les feuilles jeunes, les fleurs et les fruits jeunes de la mauve sont délicieux en salade. Une fois vieillie, la mauve peut encore être consommée cuite mais elle aura alors une texture mucilagineuse qui ne plaira pas à tout le monde.

Deux autres plantes permettront de varier les saveurs, elles sont fréquentes dans les champs: la Porcelle enracinée appelée Mourre de  porc dans le midi (Hypochoeris radicata) dont les jeunes feuilles en rosette plaquées au sol fournissent une bonne salade mais aussi le Rumex crépu (Rumex crispus) qui fourni de jeunes feuilles ondulées comestibles jeunes. Attention, il ne faudra pas abuser de tous les rumex (famille de l’oseille) car leur teneur parfois élevée en acide oxalique et oxalates pourrait aboutir à la formation de calculs rénaux.

Enfin, pour donner de la couleur et du goût, on jettera dans ces salades composées, des feuilles finement découpées ainsi que des fleurs d’ail de naples (Allium neapolitanum), d’ail triquètre (Allium triquetrum) mais aussi de Bourrache (Borrago officinalis) dont la saveur se situe entre le concombre et l’huitre!

La sansouïre:

Voilà un milieu qui n’est pas le plus riche en nombre d’espèces mais qui fournira des plantes succulentes que l’on pourra également conserver confites au vinaigre et autres façons. Les premières qui abondent dans ces milieux sont les salicornes – la meilleure est la salicorne d’Europe (Salicornia europea) mais on peut consommer aussi salicornia fruticosa) – dont les tiges charnues sont remplies d’un jus salé qui les rendent délicieuse quand elles sont jeunes et tendres. Elles souvent vendues chez les poissonniers. L’halimione faux-pourpier (Halimione portulacoides), remarquable à son feuillage argenté, tapisse souvent en colonies importantes les sols des vases salées. ses feuilles peuvent être mangé crues ou cuites. Enfin, parfois présente dans les sansouïres mais de façon plus générale sur le littoral, la betterave maritime ( Beta vulgaris subsp. maritima) est une plante consommée depuis l’Antiquité. Ses feuilles tendres sont comestibles crues ou cuites. Elles pourront être préparées comme les épinards et incorporées à de nombreux plats aux herbes (tourtes, chaussons…), avec des pommes de terre, unes sauce tomate….

Voilà, vous l’aurez compris, la nature offre de nombreuses possibilités d’agrémenter nos repas mais bien sûr toujours avec prudence, en apprenant à identifier sûrement ces plantes (attention aux erreurs, il est sage d’apprendre à reconnaitre ces plantes avec un spécialiste), en ne cueillant que le juste nécessaire sans trop endommager les plantes, et bien sûr, dans des lieux propres qui ne seront pas souillés par les multiples déchets que l’on voit un peu partout.

Myrte commun (Myrtus communis)

Le Myrte, Myrtus communis L., est connu depuis l’Antiquité.

S’il est peu utilisé en phytothérapie en France, les feuilles et fruits de myrte sont encore largement utilisés en Afrique du Nord, notamment pour traiter les pathologies respiratoires et les diarrhées.

Ceci n’est pas étonnant car il renferme ,dans  sa composition chimique, une huile essentielle et des substances (myrtucommulones) fortement antiseptiques….

Rhodiola rosea

Il était une fois une plante de Sibérie : la Rhodiole (Rhodiola rosea).

Rhodiola Rosea : une plante légendaire et adaptogène !

La rhodiole rose est aussi connue sous le nom de racine arctique ou racine dorée. Elle a été cataloguée comme « adaptogène » par les chercheurs russes qui ont observé sa capacité à augmenter la résistance de l’organisme vis-à-vis de nombreux facteurs de stress (chimiques, biologiques ou physiques).
Cette plante pousse naturellement en Asie, notamment en Chine, sur le territoire du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan, et en Mongolie, Altaï et Sibérie. On peut trouver quelques stations également en France (Alpes, Pyrénées).

Principes actifs :

C’est la racine et le rhizome qui sont employées pour se soigner.
Les principaux composés biologiquement actifs, dans la racine et le rhizome, sont les salidroside, tyrosol, ropsavine, rosarine et rosine. La rosavine est le composé fréquemment sélectionné pour standardiser les extraits de cette plante. La pharmacopée russe indique que la matière première de Rhodiola rosea ne doit pas contenir moins de 0,8% de salidroside. Les extraits de Rhodiole rose, utilisés dans la plupart des études, sont standardisés à 3% de rosavine et 0,8-1% de salidroside, car le ratio naturellement présent de ces composés dans la racine et rhizome de Rhodiole rose est approximativement 3 :1 (2).

Mécanismes d’action de la Rhodiole rose :

Les propriétés adaptogéniques, les effets protecteurs cardiovasculaires et sur le système nerveux central de Rhodiola rosea ont été attribuées à sa capacité à influencer les niveaux et l’activité des neurotransmetteurs comme la sérotonine, dopamine et norépinéphrine dans le cortex et le tronc cérébral ainsi que l’hypothalamus. On suppose que les changements de teneur en neurotransmetteurs sont dus à l’inhibition de l’activité des enzymes responsables de leur dégradation et à la facilitation de leur transport dans le cerveau (3).

Dans quel cas utiliser Rhodiola rosea ?

Les préparations à base de Rhodiole rose sont généralement utilisées comme agent adaptogénique, notamment en cas de stress chronique. On considère que cette plante est d’un grand intérêt pour améliorer les états asthéniques liés entre autre au stress (déclin des performances dans le travail, troubles du sommeil, irritabilité, hypertension, maux de tête et fatigue). En Scandinavie, les préparations à base de Rhodiole rose sont recommandées comme psychostimulant et agent tonifiant, pour diminuer le stress et augmenter la capacité de travail mental (4,5).
Des étudiants, recevant un extrait standardisé de Rhodiola rosea, ont montré une amélioration des capacités physiques, des fonctions psychomotrices, des performances mentales et du bien-être général. On a également noté chez ces sujets une diminution significative statistiquement de la fatigue mentale, une amélioration de la qualité du sommeil, une diminution du besoin de sommeil, une meilleure stabilité de l’humeur, et une plus grande motivation à étudier (6).

Dosages recommandés (7):

Les doses varient en fonction de la standardisation des extraits. Pour une administration chronique, une dose journalière de 360-600 mg d’extrait de Rhodiola standardisé à 1% de rosavine, 180-300 mg pour un extrait à 2% et 100-170 mg pour un extrait à 3,6% sont recommandés. La prise de Rhodiola doit commencer plusieurs semaines avant la période supposée stressante.
Quand la Rhodiole rose est utilisée en dose unique avant une situation d’ « urgence » (un examen ou une compétition athlétique), la dose recommandée est 3 fois celle recommandée en supplémentation chronique.

Effets secondaires et toxicité :

La conclusion des études cliniques indiquent qu’à des doses de 1,5-3,0 grammes et au delà, les extraits de Rhodiola titrés à 2% de rosavine peuvent entrainer une augmentation de l’irritabilité et une période d’insomnie de plusieurs jours.
Il n’y a pas d’études renseignant sur la sécurité d’emploi chez la femme enceinte ou allaitante.
Environ 200 espèces de Rhodiola ont été identifiées et au moins 20 sont utilisées en médecine traditionnelle en Asie. Parmi celles-ci, Rhodiola rosea est largement répandue en haute altitude dans l’Arctique et les régions montagneuses d’Europe et d’Asie. C’est une plante populaire dans ces régions où elle a la réputation de stimuler le système nerveux, diminuer les dépressions, augmenter les performances de travail, diminuer la fatigue et prévenir le mal des hautes altitudes. En résumé, une plante à découvrir si vous ne la connaissez pas encore !

Bibliographie :

(1) State Pharmacopoeia of the USSR. Vol. 2. Moscow: Medicina;
1990. p. 364-6.
(2) Brown RP, Gerbarg PL, Ramazanov Z. Rhodiola rosea: a phytomedicinal overview. Herbal Gram. American Botanical Council 2002;56:40-52.
(3) Stancheva SL, Mosharrof A. Effect of the extract of Rhodiola rosea L. on the content of the brain biogenic monamines. Med Physiol 1987;40:85-87.
(4) Kelly GS. Rhodiola rosea: a possible plant adaptogen. Altern Med Rev 2001;6(3):293-302.
(5) Shevtsov VA, Zholus BI, Shervarly VI, Volskij VB, Korovin YP, Khristich MP, et al. A randomized trial of two different doses of a SHR-5 Rhodiola rosea extract versus placebo an control of capacity for mental work. Phytomedicine 2003;10: 95-105.
(6) Spasov AA, Wikman GK, Mandrikov VB, et al. A double-blind, placebo-controlled pilot study of the stimulating and adaptogenic effect of Rhodiola rosea SHR-5 extract on the fatigue of students caused by stress during an examination period with a repeated low-dose
regimen. Phytomedicine 2000;7:85-89.
(7) Monograph Rhodiola rosea, Alternative Medicine Review ,Volume 7, Number 5 , 2002

Séquoia géant de Californie: roi des forêts!

Le Séquoia géant : un arbre monumental

Les derniers séquoias géants ne subsistent, à l’état naturel et sauvage, que dans 72peuplements tous situés en Californie. Certains ne comptent que quelques individus. Ils sont localisés sur la pente ouest de la Sierra Nevada, entre le 36ème et le 39ème parallèles.

Le séquoia appartient à la famille des Taxodiacées qui comporte des arbres parmi les plus gros et les plus fascinants de la planète :

  • Le séquoia géant (Sequoiadendron giganteum)
  • Le séquoia toujours vert (Sequoia sempervirens)
  • Le cyprès chauve (Taxodium distichum)
  • Le métaséquoia (Metasequoia glyptodtroboides)

Le séquoia toujours vert pousse à l’état naturel au nord de la Californie, dans une région où le brouillard est tenace et quotidien. Les Américains l’appellent « Coastal redwood » par opposition au  « Sierra big tree », le séquoia géant.IMG_0136

Conditions de vie et parcs nationaux :

Comme je vous le disais, les plus beaux et plus gros séquoia se retrouvent dans deux parcs nationaux américains : les Sequoia et Kings Canyon National Parks. Localisés au centre de la Californie, ils abritent des montagnes immenses, des contreforts accidentés, de vastes cavernes et les arbres les plus volumineux de la planète.

Le sequoia géant pousse entre 1200 et 2400 m d’altitude. Il atteint des dimensions inouïes grâce aux pluies abondantes engendrées par l’élévation du relief et grâce au sol riche de la Sierra Nevada. C’est un arbre de pleine lumière qui peut dépasser les 2000 ans ! Il a au départ une croissance verticale, puis, au-delà de 100 ans, elle se développe en diamètre.

Une écorce incroyable :

Le secret de longévité de ces arbres  réside en grande partie dans leur écorce. Celle-ci est souple, épaisse, de couleur rouge-cannelle et renferme une grande quantité de tanins. Ces derniers protègent l’arbre contre les insectes, bactéries et nombreux champignons. Cette protection est tellement puissante qu’une fois tombé au sol, un tronc de séquoia reste imputrescible pendant des dizaines d’années.

Autre avantage de l’écorce externe : une absence de réseau vasculaire et donc de résine. Ceci  permet à l’écorce de jouer un rôle de pare-feu efficace. Et c’est très important car le feu, dans le processus de germination des séquoias, joue un rôle fondamental. Il élimine les mauvaises herbes, buissons, pins, etc… qui entrent en compétition avec les graines de séquoias sans détruire les séquoias adultes protégés par leur écorce. Ceci aboutit à enrichir le sol grâce aux cendres et à supprimer la compétition pour l’accès à la lumière.

L’arbre le plus volumineux de la planète : le Général ShermanIMG_0180

Ce séquoia, digne de tous les superlatifs, pousse dans la forêt géante (dénommée « Giant Forest » en 1875 par l’explorateur John Muir) de séquoia parc. Ce n’est pas le plus grand ni le plus large mais il est considéré comme le plus volumineux de la planète. Il mesure 83 m de hauteur avec un tour de taille de presque 32m à 1 m du sol et un volume estimé à 1487m3 !

Il a été baptisé « Général Sherman » en 1879 par James Wolverton qui avait servi sous les ordres du Général Sherman pendant la guerre civile. Son âge est estimé à 2200 ans.

Enfin, en guise de conclusion, il faut savoir que c’est l’inventeur de l’alphabet cherokee, le chef indien sequoyah le cherokee, qui a donné son nom à cet arbre extraordinaire.

Digitales: poison ou médicament ?

Digitales : la dose fait le poison !

Quel drôle de nom pour une fleur! Les digitales doivent leur nom au plus frappant de leurs caractères, leur corolle allongée en forme de doigtier. Il en existe plusieurs espèces en France. Certaines à floraison jaune ou pourpre qui bio-synthétisent les principes actifs dans des proportions très variées.

Des propriétés cardiaques inconnues à l’Antiquité :

Les Digitales comptent parmi les rares espèces médicinales indigènes inconnues à l’Antiquité. Elles ne semblent avoir été ni remarquées ni utilisées des populations d’Asie Mineure anciennes, pas plus des Grecs ou des Romains ou des médecins arabes du Moyen Age.

On doit la première utilisation thérapeutique à un médecin anglais, William Withering. Celui-ci avait appris d’une vieille guérisseuse l’activité de la digitale. Après l’avoir expérimentée pendant dix ans, il en fit connaitre les effets thérapeutiques, en particulier l’action sur le cœur.

C’est toutefois à un pharmacien français, NATIVELLE, que l’on doit la découverte de la « digitaline » en 1868, premier principe actif cardiotonique  isolé !

Des plantes hautement toxiques souvent confondues avec des « salades sauvages »

Même si les cas graves d’intoxication sont devenus rares,  la digitale pourprée doit être considérée comme une plante toxique d’autant plus qu’elle est ornementale. Il suffit de 2 à 3 feuilles séchées pour constituer la dose mortelle (de l’ordre de 10 g pour un adulte). Les cas d’intoxication sont souvent dus à des confusions avec des plantes récoltées à l’état sauvage en vue de préparer des infusions ou des mélanges de salades sauvages. Les confusions les plus fréquentes concernent la bourrache et la consoude officinale. Les cueilleurs pensent en général ramasser  des pousses de bourrache ou consoude et se trompent avec de jeunes digitales.

Heureusement la saveur fortement amère des digitaliques empêche la consommation de grandes quantités de plante. Et d’autre part, l’ingestion induit le plus souvent des vomissements de façon précoce, évitant ainsi l’absorption de grandes quantités.

Et Van Gogh dans tout ça…

L’intoxication à la digitale provoque des troubles neuro-sensoriels, avec notamment des perturbations visuelles (halos colorés jaunes). Certains voient, dans la prédominance du jaune et l’existence de halos dans les dernières peintures de Van Gogh, la conséquence de l’expérience d’une intoxication digitalique !

Deux plantes médicinales majeures : Sauge officinale et Sauge sclarée

Deux plantes médicinales majeures : Sauge officinale et Sauge sclarée.

Il existe en France plusieurs espèces de sauges qui n’ont pas toutes la même valeur au niveau médicinale. Les plus utilisées, les plus efficaces et les plus étudiées sont la sauge officinale (salvia officinalis) et la sauge sclarée (salvia sclarea) dont je souhaite vous parler. La sauge sclarée est répandue dans le Midi de la France. Elle y est cultivée pour l’industrie des parfums  et se retrouve le long des chemins  en sols fertiles. La sauge officinale est moins fréquente. Elle se retrouve à l’état subspontané ou naturalisé dans les lieux pierreux, ensoleillés et sur calcaire ( vestige d’anciennes cultures domestiques).

 Sauge officinale ou « herba sacra » des latins

Connue depuis l’Antiquité égyptienne, la sauge est restée célèbre depuis des siècles. Son nom latin salvia vient du latin salvare, « guérir », « sauver » qui témoigne des vertus reconnues à cette plante depuis si longtemps. Véritable panacée au Moyen-Age, la sauge fut protégée par les Capitulaires de Charlemagne. Cette plante a été ensuite périodiquement célébrée et oubliée des anciens, ce qui est un peu le cas actuellement avec les médecins. Si les sauges officinale et sclarée ne guérissent pas tous les maux, voici quelques unes de leurs multiples propriétés. Elles sont stimulantes, stomachiques, emménagogues, antispasmodiques, fébrifuges et antisudorales. En usage externe elles se montrent antiseptiques, cicatrisantes et résolutives.

Sous forme d’extrait, la sauge officinale développe des propriétés antisudorales (réduction de 18 à 52% de la transpiration). Ceci a été  démontré sur 18 sujets  sains ayant absorbé une préparation de feuilles fraiches. Ces effets apparaissent entre le 1er et le 4ème jour de traitement , mais disparaissent au bout de 9-10 jours.

Aucune toxicité aiguë ou chronique ne semble signalée après emploi aux doses usuelles des feuilles de sauges .Ceci  n’est pas le cas de son huile essentielle (HE) qui renferme une quantité importante de thuyone, une cétone très toxique. L’HE de sauge sclarée renferme surtout de l’acétate de linalyle (jusqu’à 85%) et une petite quantité de sclaréol, un diterpène à activité œstrogénique. Il est donc préférable de privilégier l’utilisation d’HE de sauge sclarée (notamment dans le cas de ménopause). Attention cependant avec ces 2 HE, à activité œstrogénique, chez les femmes présentant une mastose ou un fibrome utérin!

Les premières à avoir inventé la pédale?

Dans leur famille des Labiées, les sauges se distinguent par leur gestion et richesse des mécanismes de pollinisation. Le mécanisme le plus surprenant réside dans la présence de deux élargissements sur la base des étamines, paraissant ainsi obstruer l’entrée du tube de la corolle. Quand un insecte arrive, attiré par le nectar situé au fond du tube, il s’avance pour l’aspirer et pousse de la tête ces sortes de pédales. Du coup celles-ci lui rabattent sur le dos les anthères des étamines. Ce mécanisme permet de leur badigeonner le dos de pollen. Quand l’insecte quitte la fleur pour une autre fleur à un stade sexuel différent, elle présente une sorte de fine langue (partie sexuelle femelle). Cette fine langue, fortement recourbée vers le bas, va balayer le dos de l’insecte. Grâce à ce mécanisme astucieux, la fleur récupère un peu de pollen. Ceci garantit la pollinisation de la plante!

Vous pouvez tester vous même ce mécanisme en introduisant une brindille dans une fleur au stade mâle (avec étamines), et vérifier le basculement des étamines…

« Orchidée sauvage » Ophrys miroir (ophrys ciliata)

 L’orchidée Ophrys miroir (ophrys ciliata), une des plus belles Orchidées sauvages de France!

Quel beau nom que celui d’Ophrys miroir! Ce qualificatif de miroir est bien sûr dû au labelle étalé qui présente au centre un grand « miroir » bleu luisant entouré d’une bordure jaunâtre bordée de poils d’un brun rougeâtre (d’où ophrys ciliata, du latin ciliatus : qui a de beaux sourcils).

Un mimétisme presque parfait !

Afin d’assurer le transport de leur pollen, de nombreuses orchidées européennes ont établi une relation privilégiée avec des insectes. Ces derniers vont réaliser la pollinisation de ces plantes (plante dite entomogame). Mais avant d’assurer ce transport encore faut-il attirer l’insecte. Ceci se fait, chez les orchidées européennes, selon trois stratégies : le piège à odeur, la production de source alimentaire et le mimétisme.
Le mimétisme concerne des espèces qui ne produisent pas de nectar, les orchidées du genre ophrys présentent un mimétisme très particulier.

Des parfums imitant les phéromones femelles d’insectes :

Le labelle (pétale central) des orchidées du genre ophrys imite plus ou moins la forme, la pilosité et les couleurs de femelles d’insectes. Cette ressemblance attire leurs partenaires mâles et en fait des pollinisateurs. Ces fleurs jouent même le rôle de « leurre sexuel » puisqu’elles imitent aussi les phéromones sexuelles des femelles de pollinisateur. Elles reproduisent  les substances chimiques volatiles que ces insectes émettent pour communiquer entre eux. Ces orchidées du genre ophrys ne présentent ni éperon, ni nectar et n’offrent, par conséquent, aucune récompense alimentaire à leurs visiteurs éventuels. Du coup, elles se sont presque fait une spécialité de pièges à mâles d’insectes. Dans le cas de notre ophrys, il s’agit d’un hyménoptère, Dasyscolia ciliata, dont la ressemblance avec la fleur est frappante. Les mâles de Dasyscolia repèrent la présence des ophrys miroir à distance, se posent sur le labelle qu’ils couvrent de toute leur longueur. Leur  tête bute sur les pollinies qui contiennent le pollen, et ils enfoncent leurs abdomens dans la frange ciliée du labelle avec des mouvements convulsifs (pseudo-copulation).

Une fois ses « affaires » faites, il part avec du pollen sur la tête. Il ira plus tard polliniser une autre fleur d’ophrys qui l’aura à nouveau piégé à distance.
L’insecte est victime de sa libido, excité à la fois par les phéromones et la ressemblance de ce labelle à la femelle Dasyscolia qui, quand elle a les ailes repliées dans le dos, émet un reflet bleu !

Si l’on combine l’odorat, la vue et le toucher, le leurre est d’une ressemblance incroyable!

Valériane officinale (Valeriana officinalis) et le système nerveux

Valériane officinale (Valeriana officinalis):

La racine de valériane officinale (Valeriana officinalis) a une odeur des plus curieuses, que certains apprécient et que d’autres rapprochent communément de l’odeur de l’urine de chat. L’appréciation des senteurs étant tout à fait subjective, si son odeur est insupportable pour certains il faut savoir que son odeur forte était prisée au 16e siècle puisque alors l’habitude était de placer la racine dans les vêtements comme parfum!

Apaisante Valériane officinale: pour un sommeil paisible et récupérateur

La valériane tient de nos jours une place honorable comme antispasmodique et sédatif utilisé dans les soins de l’irritabilité aux névroses en passant par les palpitations, les insomnies et autres. Au cours des 30 dernières années les substances ou groupes de substances données responsables de l’activité de la plante ont fréquemment évolués: valépotriates, acide valérénique, GABA … S’il n’a pas été possible d’identifier surement la ou les substances responsables de l’activité sédative, son mode d’action repose sur l’effet conjoint de divers constituants qui permettent d’agir sur les troubles nerveux comme les troubles du sommeil, l’anxiété et l’agitation nerveuse, les maux de tête, le sevrage tabagique etc…

Certains extraits de racine de valériane inhibent la recapture et stimulent la libération de GABA (acide gama-aminobutyrique), et comme les extraits aqueux renferment aussi du GABA, il a été suggéré que le GABA pouvait être responsable in vivo de l’effet relaxant potentialisé par la forte concentration de glutamine présente.

La valériane est d’autant plus efficace qu’elle sera associée à d’autres plantes réputées calmantes (l’association valériane-mélisse possède des propriétés anxiolytiques significatives) et que le traitement dure au moins deux semaines notamment dans l’aide à l’arrêt du tabac.

Le Gui (viscum album): parasite toxique ou roi des guérisseurs ?

Le Gui (Viscum album)

Il n’est personne qui ne connaisse le Gui (viscum album), plante des druides et médicinale par excellence depuis la nuit des temps. En effet ce parasite extraterrestre est depuis longtemps symbole de prospérité et de longévité. De toute la plante, c’est la baie qui est la plus toxique tandis que ses tiges et feuilles servent à faire des préparations pour réguler la tension notamment. Les propriétés hypotensives du Gui sont mises à profit dans l’hypertension et l’artériosclérose avec leurs diverses manifestations , céphalées, migraines, vertiges, oppression, gêne cardiaque etc… Ce sont souvent les feuilles qui sont utilisées pour faire baisser la tension. La macération des feuilles dans de l’eau ou du vin, ou l’ingestion de poudre de feuilles est préférée à d’autres méthodes.

La « viscum-thérapie »: se soigner avec des injections de gui fermenté et ultracentrifugé

Saviez vous, qu’en Allemagne et en Suisse, le Gui est utilisé avec succès pour soigner certains cancers selon la méthode dite de la « viscumthérapie », inventée en Suisse par Rudolf Steiner et actuellement appliquée dans de nombreux pays européens (les médecins  utilisent ses extraits sous forme fermentée injectable). Ces injections ont, entre autre, un effet dynamisant et euphorisant surtout dans les concentrations faibles.