Digitales: poison ou médicament ?

Digitales : la dose fait le poison !

Quel drôle de nom pour une fleur! Les digitales doivent leur nom au plus frappant de leurs caractères, leur corolle allongée en forme de doigtier. Il en existe plusieurs espèces en France. Certaines à floraison jaune ou pourpre qui bio-synthétisent les principes actifs dans des proportions très variées.

Des propriétés cardiaques inconnues à l’Antiquité :

Les Digitales comptent parmi les rares espèces médicinales indigènes inconnues à l’Antiquité. Elles ne semblent avoir été ni remarquées ni utilisées des populations d’Asie Mineure anciennes, pas plus des Grecs ou des Romains ou des médecins arabes du Moyen Age.

On doit la première utilisation thérapeutique à un médecin anglais, William Withering. Celui-ci avait appris d’une vieille guérisseuse l’activité de la digitale. Après l’avoir expérimentée pendant dix ans, il en fit connaitre les effets thérapeutiques, en particulier l’action sur le cœur.

C’est toutefois à un pharmacien français, NATIVELLE, que l’on doit la découverte de la « digitaline » en 1868, premier principe actif cardiotonique  isolé !

Des plantes hautement toxiques souvent confondues avec des « salades sauvages »

Même si les cas graves d’intoxication sont devenus rares,  la digitale pourprée doit être considérée comme une plante toxique d’autant plus qu’elle est ornementale. Il suffit de 2 à 3 feuilles séchées pour constituer la dose mortelle (de l’ordre de 10 g pour un adulte). Les cas d’intoxication sont souvent dus à des confusions avec des plantes récoltées à l’état sauvage en vue de préparer des infusions ou des mélanges de salades sauvages. Les confusions les plus fréquentes concernent la bourrache et la consoude officinale. Les cueilleurs pensent en général ramasser  des pousses de bourrache ou consoude et se trompent avec de jeunes digitales.

Heureusement la saveur fortement amère des digitaliques empêche la consommation de grandes quantités de plante. Et d’autre part, l’ingestion induit le plus souvent des vomissements de façon précoce, évitant ainsi l’absorption de grandes quantités.

Et Van Gogh dans tout ça…

L’intoxication à la digitale provoque des troubles neuro-sensoriels, avec notamment des perturbations visuelles (halos colorés jaunes). Certains voient, dans la prédominance du jaune et l’existence de halos dans les dernières peintures de Van Gogh, la conséquence de l’expérience d’une intoxication digitalique !

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